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Choisir un cylindre de sécurité 2/2

Dans le précédent article sur le sujet, nous avons vu quelles étaient les moyens choisis par les fabricants de serrures pour protéger leurs cylindres contre les ouvertures destructives. Voyons à présent les parades utilisées pour faire face à un type d’ouverture méconnu, l’ouverture non destructive. Crochetage, clés à percussion … ces méthodes ne se retrouvent (hélas) pas qu’au cinéma !

Les protections contre l’ouverture non-destructive

– protection contre l’ouverture “fine” par crochetage

Il est possible de manipuler l’intérieur d’un cylindre à goupille à l’aide de crochets, pour faire pivoter le rotor sans la clé. Cette technique demande néanmoins de la dextérité. La parade des fabricants consiste à placer dans les cylindres des éléments anti-crochetage :

– en intégrant des goupilles “anti-crochetage”. De forme particulière (“champignon”, “bobine”, “serrated” …), elles ont pour but d’accrocher le rotor en cas de crochetage, et retarder ainsi l’ouverture par manipulation. Voici quelques exemples de ces goupilles :

Exemple de goupilles anti-crochetage

 

– en augmentant le nombre de goupille, sur différents axes

– en utilisant des goupilles télescopiques, “pin-in-pin”, qui compliquent grandement la manipulation. C’est principalement le cas des cylindres de la marque Mul-t-lock :

Goupilles télescopiques

– en intégrant des “faux crans” sur les barrettes des cylindres à pompe, pour compliquer les sensations du crocheteur et retarder longuement l’ouverture :

cylindre à pompe

Exemple d’une barrette de cylindre à pompe, avec vrais et faux crans

-en intégrant des éléments mobiles ou aimentés qui compliquent la manipulation. Un double de clés de sécurité de ce type ne peut être réalisé que par le fabricant lui même, sur présentation de la carte de propriété :

Exemple d’une clé de sécurité avec aimant

– Protection contre l’ouverture par bumping.

La technique du bumping ou “clés à percussion” remonterait aux années 1990. Elle consiste à modifier une clé de sorte que, en l’insérant dans le cylindre et en la frappant avec un marteau souple, elle retransmette les ondes de choc aux goupilles pour les positionner toutes simultanément à la bonne place. Il suffit de tourner légèrement la clé au bon moment pour obtenir l’ouverture. Le principe de chocs est celui que l’on retrouve au billard ! Cette clé pourra ainsi ouvrir potentiellement tous les cylindres du même modèle. Si la méthode n’est pas nouvelle, la multiplication de sites vendant librement ce type de clés a inquiété les fabricants, qui ont adapté leurs matériels.

La technologie brevetée “BKP”, permet d’empêcher (ou tout du moins de retarder) l’ouverture par bumping. Elle consiste en une goupille spéciale en deux parties avec un ressort intermédiaire. L’onde de choc de la percussion au marteau ne se transmet pas à cette goupille qui continue donc d’entravera la rotation.

 

 

Conclusion

D’autres méthode d’ouverture existent, tant en destructif (extraction du rotor) qu’en non-destructif (impression, auto-impression) mais qui demeurent plus complexes à mettre en oeuvre par l’attaquant, et son donc moins fréquentes. Sans être tout à fait exhaustif donc, le but de cet article était de présenter les principales vulnérabilité des cylindres et les parades conçues par les fabricants de cylindres de sécurité, afin de vous guider dans vos choix.

A noter que les conseils d’un serrurier de confiance sont indispensables pour être certain de choisir le matériel le plus adapté à votre configuration. Il serait, par exemple, inutile d’installer un cylindre classé A2P sur une serrure ne bénéficiant pas de ce niveau de sûreté. Les conseils d’un artisan vous seront indispensables pour ne pas commettre ce type d’erreur.